Gordon Ryan : le « rêve américain » qui irrite

Gordon Ryan est incontestablement la plus grande star du grappling. Personnage haut en couleur, il ne laisse personne indifférent. Ses fans le considèrent comme le plus grand de la discipline et apprécient son franc-parler, gage de sincérité dans un monde aseptisé. Quand à ses détracteurs, ils lui reprochent un comportement jugé immature et bling-bling, un manque de respect envers ses adversaires ainsi que ses prises de position polémiques sur nombre de sujets sociétaux. Mais qui est véritablement Gordon Ryan ?

Né le 8 juillet 1995 à Monroe dans le New Jersey, le jeune Gordon Ryan commence le JJB à 15 ans. C’est Miguel Benitez qui l’encadre. Il va jusqu’à lui payer ses frais d’inscription. Plus tard, ce sera Tom DeBlass qui le prendra sous son aille. Ce sera le premier tournant dans le parcours de Gordon Ryan. Avec DeBlass, il a comme « parrain » un des plus grands grappler du New-Jersey. C’est à cette occasion qu’il rencontre Garry Tonon, le plus prometteur des élèves de Tom DeBlass. Aux côtés de Garry Tonon (à l’époque ceinture marron), qui devient très vite un ami, Gordon Ryan (alors encore ceinture blanche) élargit grandement ses connaissances et ses capacités techniques.

Garry Tonon a une influence grandissante sur le jeune Gordon. A tel point que Gordon Ryan n’hésite pas à parcourir des heures de route pour accompagner son ami lors de ses entrainements à New-York City. C’est ainsi que Gordon Ryan, désormais ceinture violette rencontre un autre mentor de Garry Tonon, un certain John Danaher…

John Danaher est l’entraîneur principal de l’Académie Renzo Gracie de New-York. Sa méthodologie de travail ainsi que sa vision du grappling ont joué un grand rôle dans le succès de Ryan. En ceinture marron et sur les conseils de John Danaher, Gordon Ryan remporte en l’espace de six mois à peine de nombreux tournois et devient champion du monde. Suite à cette performance exceptionnelle, Gordon reçoit sa ceinture noire des mains de Garry Tonon en février 2016 lors d’une cérémonie où sont présents tous ses mentors à savoir Tom DeBlass, Ricardo Almeida, et John Danaher.

La suite est simple : il gagne tout. L’ensemble des titres possibles en No Gi tombent dans son escarcelle (Trois fois vainqueur de l’ADCC, champion EBI, champion du monde en black belt, vainqueur de panamerican, etc). Plus impressionnant encore, le jeune Gordon Ryan terrasse les meilleurs de la discipline. Aucun champion No-Gi n’a réalisé auparavant ce que ce gamin du New-Jersey a réussi à faire.

Le jiujiteiro le mieux rémunéré au monde

Ses nombreuses victoires en tournoi, ses super-fight, les ventes de ses programmes d’entrainement, les cours particuliers qu’il propose aux nombreux cadres fortunés de Manhattan, ses séminaires qui affichent complets plusieurs mois à l’avance et le développement de sa marque textile sportif ont permis à Gordon Ryan d’être millionnaire à l’âge de 24 ans. Un exploit dans le monde du grappling et du JJB. Un exploit d’autant plus impressionnant que le jeune américain n’a pas, contrairement à beaucoup d’autre célébrité du JJB, sa propre académie.

Au delà de ses performances exceptionnelles, comment expliquer une telle réussite financière ?

Premièrement, Gordon Ryan n’est pas brésilien mais américain. Un Wasp (White anglo-saxon american protestant). Un détail me diriez-vous. Pas tant que cela lorsqu’on connait la société américaine et son caractère communautaire. être un blanc américain dans un univers où les plus grandes stars sont brésiliennes est une caractéristique importante car Gordon Ryan permet a toute une partie de la communauté Wasp de s’identifier à lui et, à travers lui, à s’intéresser au JJB. Nombre de jeunes américains sont venu au grappling et au Jiu-jitsu brésilien grâce à lui. Ils achètent ses programmes, le suivent sur les réseaux, souhaitent s’entraîner avec les mêmes rashguards et shorts que leur idole.

Sur son compte Instagram qui compte plus de 282 000 followers, Gordon Ryan n’hésite pas à exhiber sa réussite et sa fortune. Se moquant des personnes qui le traitent de vantard, il appelle ses fans à s’inspirer de lui. C’est ainsi que l’année dernière, il a dévoilé le prix de la maison qu’il venait de s’offrir (965 000 dollars). Ce fut l’occasion pour lui de partager son regard sur sa réussite et sur son « rêve américain » :

« En quelques années, je suis passé de vivre avec mes parents, à acheter une maison à un million de dollars pour subvenir aux besoins de toute ma famille. Je suis un exemple vivant du RÊVE AMÉRICAIN. Je suis venu de presque rien et j’ai maintenant tout. Rappelez-vous toujours que cela ne se produit pas pendant la nuit et que ce n’est pas facile. Il faut un travail bien plus difficile que vous ne le pensez. Ce qui est certain, c’est que tu ne vas pas accomplir quoi que ce soit en t’apitoyant sur ton sort. La plupart des gens surestiment considérablement ce qu’ils peuvent faire en un an et sous-estiment considérablement ce qu’ils peuvent faire en 10 ans. »

Une attitude qui questionne, des prises de position qui divisent

Malgré sa réussite et ses résultats, Gordon Ryan dérange. Il divise au sein même de la communauté du JJB outre-atlantique car les autres jiujiteiros sont les cibles constantes de ses provocations. Provocations qui lui servent autant à déstabiliser ses futurs adversaires, qu’à faire le buzz pour divertir ses fans. C’est ainsi que lors de son combat contre Roberto « Cyborg » Abreu, ce dernier a voulu lui « apprendre le respect » à grand coup de claques derrière la nuque…Vainqueur par disqualification de son adversaire, Gordon Ryan n’a pas changé ses habitudes. Aujourd’hui, c’est Galvao qui fait les frais de ses piques. Le natif du New-Jersey reprochant au brésilien de se cacher derrière des prétextes pour masquer sa peur et ne pas l’affronter. C’est de bonne guerre me diriez-vous. Sauf que depuis quelque temps, Gordon Ryan ne divise plus uniquement sur des polémiques inhérentes au monde du JJB. Il divise sur des thématiques sensibles de la société américaine.

Ainsi, il y a quelques temps, il avait sous entendu que les gens qui étaient à la rue ne pouvaient s’en prendre qu’à elles même. Il y a quelques semaines, en plein mouvement Black Lives Matter, il avait posté sur intagram, une photo de lui sur le perron de sa nouvelle maison, un sabre à la main pour signifier qu’il attendait les émeutiers de pied ferme. Message politique ? goût de la provocation ? ou simple maladresse d’un jeune homme de seulement 24 ans ? A chacun de se faire son opinion. Toujours est-il, qu’au regard de son talent et de son jeune âge, on n’a pas fini d’entendre parler de Gordon Ryan…

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