Tu sais que tu fais du JJB quand…Tu connais Babiche

Au travers la page Facebook qu’il anime aux côtés de son ami Bab’s, et qui compte plus de 11 000 abonnés, Babiche est une figure du paysage du JJB français. C’est donc tout naturellement que Slam-Art a décidé d’en savoir plus sur l’homme qui fait vivre depuis des années le débat au sein de la communauté du jiu-jitsu brésilien en France. C’est ainsi que nous a rejoint dans un bar à deux pas de la Mairie de Paris un grand gaillard souriant, plein d’énergie et d’une grande amabilité.

Slam-Art : Salut Babiche, comment as-tu débuté dans ce sport ?

Babiche : J’ai tout d’abord commencé en luta livre en 2009. J’avais alors 24 ans. C’était à Nanterre sous la houlette de Flavio Santiago. Cela a duré 6 mois. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Bab’s. Nos chemins n’allaient alors plus se quitter, à l’instar de beaucoup d’amis que je rencontrerai sur les tatamis.

Slam-Art : Comment passes-tu de la luta livre au JJB ?

Babiche : C’est Bab’s qui un jour me fait savoir qu’il y a un club qui se trouve beaucoup plus près de chez moi pour s’entrainer en kimono. C’est ainsi que pour des raisons pratiques, je découvre le jiu-jitsu brésilien à proprement parler. C’était au club B19 avec Akio Long.

Slam-Art : C’est toujours ton club aujourd’hui ?

Babiche : Actuellement j’évolue au sein de la MK team d’Olivier Michailesco. J’étais déjà avec lui lorsqu’il enseignait au sein du Cercle Tissier et je l’ai suivi tout naturellement.

Slam-Art : Comment se sont déroulés tes débuts en kimono ?

Babiche : Honnêtement : Difficile. Le passage au kimono a été une épreuve. Dans les premiers temps, j’essayais même de venir sans kimono autant que possible pour pouvoir rouler en No-Gi. Cela a duré jusqu’à ce que l’entraineur me l’impose. J’ai mis un à deux mois pour m’y faire. Maintenant, pour me faire enlever mon kimono, faut se lever de bonne heure ! J’adore le kim aujourd’hui.

Slam-Art : Quelle est ton grade ?

Babiche : Je suis ceinture noire depuis 2018.

Slam-Art : C’était une obsession cette ceinture noire ?

Babiche : Sincèrement non. La ceinture que j’attendais impatiemment était la ceinture marron.

Slam-Art : Pourquoi ?

Babiche : Pour deux raisons très simples selon moi. La première, c’est que je galérais en ceinture violette. J’y ai passé beaucoup de temps. La seconde, c’est que la ceinture marron donne accès à un nouveau jeu. Elle ouvre le champ des possibles avec les clefs de jambes, etc.

Slam-Art : Quel regard portes-tu sur l’importance que les gens accordent aux grades ?

Babiche : Quand j’étais blanche et bleu, on s’en moquait encore pas mal des ceintures, bien que cela restait gratifiant pour le travail réalisé. Aujourd’hui, les gens se focalisent beaucoup trop sur les grades à mon sens. Ce n’était pas le cas avant.

Slam-Art : Comment as-tu commencé la compétition ? et quelle importance lui accordes-tu ?

Babiche : J’ai commencé la compétition en fin de ceinture blanche, juste avant de passer en bleue. La compétition est importante car c’est un élément fondamentale de progression. Elle permet de vérifier si tu as vraiment assimilé la technique.

Slam-Art : En suivant ta page Facebook cet été, nous avons remarqué que tu n’hésitais pas à demander aux membre de ta communauté si ils connaissaient un club de JJb dans telle ou telle région. Le JJB est-il devenu une addiction pour toi au point que tu as besoin de t’entraîner partout ?

Babiche : Pour moi, c’est un sport très addictif. Là, je n’ai pas tourné depuis une semaine et c’est déjà compliqué… C’est simple, je ne voyage jamais sans faire du jiu jitsu. J’ai toujours mon kimono avec moi. C’est la première chose que je mets dans ma valise quand je pars en vacances. Par ailleurs, j’ai un pacte avec mon épouse : Dans l’année il me faut toujours au moins un voyage JJB solo.

Slam-Art : As-tu une technique de prédilection ?

Babiche : Je travaille essentiellement en dessous car j’était toujours plus lourd que mes adversaires et que c’est mieux pour travailler la technique. Aujourd’hui on peut dire que je suis un lourd avec un jeu de léger : garde ouverte, lasso, spider, etc…

Slam-Art : Qui est Babiche au civil ?

Babiche : Je suis éducateur spé. Mon métier consiste à prendre en charge des enfants en difficultés, souvent des enfants abandonnés. C’est un public avec plusieurs profils : certains sont  en situation de handicap, d’autres ont subi divers traumatismes. Mon emploi comprend différents aspects. Je travaille sur l’orientation, le côté psy. Avec mes collègues, on joue un peu le rôle des « parents ».

Slam-Art : Le JJB t’aide-t-il au quotidien ?

Babiche : Le JJB m’aide beaucoup dans mon travail, notamment pour maitriser les individus lors de crises et pour garder mon sang froid. Je travaille d’ailleurs actuellement sur un projet de formation des éducateurs pour leur apprendre à contrôler les jeunes en crise de manière technique et sécurisante.

Slam-Art : Malgré ton emploi trouves tu le moyen de t’entrainer aussi souvent que tu le souhaites ?

Babiche : Bien sûr ! J’ai le « luxe » de pouvoir être maitre de mon emploi du temps. J’organise ainsi mon planning pour m’entrainer 4-5 fois par semaine.

Slam-Art : Que représente pour toi ce sport ?

Babiche : Beaucoup de choses : un lifestyle, des rencontres humaines et surtout de vrais amis.

Slam-Art : Quel est ton meilleur souvenir perso en tant que pratiquant ?

Babiche : Ma remise de la ceinture bleue. A l’époque, on préparait durement Lisbonne (10 entrainements par semaines). Lisbonne n’a pas pu se faire pour des questions de licence. On s’est alors rabattu sur une compétition de Ne-Wasa. J’ai battu une ceinture noire de quelques points. Une victoire très difficile qui s’est jouée de très peu. J’ai eu ma ceinture bleu le lundi suivant à l’entrainement.

Slam-Art : Quel est ton jiujiteiro préféré et pourquoi ?

Babiche : Michael Langhi. C’est un mec sur qui j’ai copié beaucoup de mes techniques. Il est réputé pour avoir une garde impassable.

Slam-Art : Parlons désormais de la page Facebook que tu animes avec Bab’s. Quand est ce que cette aventure a commencé ?

Babiche : En 2014. Rendons à César ce qui appartient à César, l’idée est de Bab’s qui travaille dans le domaine de la communication. J’ai rejoins l’idée et j’y travaille beaucoup aujourd’hui.

Slam-Art : Comment animes-tu au quotidien la plus importante page de JJB en France ? Et quelles difficultés rencontres-tu ?

Babiche : Notre objectif est de favoriser l’entraide et d’amener des débats autour du JJB. Ce qui est difficile c’est de rester juste dans la modération. Je tente de rester impartial. J’évite les dérapages politiques ou autre. On reste focus dans le Jiu Jitsu.

Slam-Art : A travers l’animation de cette page, tu dois bien connaitre les jiujiteiros français. Quel regard portes-tu sur cette communauté ?

Babiche : Pour moi la communauté JJB français n’est pas la même en fonction des endroits. En ayant pas mal voyagé, je me suis toujours mieux senti dans les petits clubs du sud de la France. A Paris nous sommes beaucoup plus speed. Mais chaque endroit est différent. Par contre il y a un dénominateur commun : le partage. Il y a toujours beaucoup de partage et en général on est toujours bien accueilli partout. Certains club peuvent avoir mauvaise réputation mais en creusant on s’aperçoit que ce sont des gens adorables.

Slam-Art : As-tu des projets autours du JJB ?

Babiche : J’ai une association sportive en cours de création depuis 2 ans. Nous sommes en attente d’un créneau d’entrainement avec la mairie de paris et je travaille à la création d’une marque de vêtement.

Slam-Art : As-tu un conseil au lecteurs de Slam-Art, pour l’été autre que faire du JJB (lecture , film, événement, activité …) ?

Babiche : Je conseillerai vraiment de faire du JJB. Quand j’arrête le JJB moi je me retrouve fatigué. La richesse de ce sport c’est que même en vacance tu peux rencontrer de nouveaux visages. Ça vaut le coup en voyage de rencontrer de nouveau jiujiteiros. C’est une excellente opportunité pour apprendre de nouvelles choses. D’ailleurs, dès que je vais rentrer chez moi, je vais préparer mes valises pour rejoindre Moussa de la Submission Team à Antibes pour allier vacances, JJB et amitié.

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