Kazushi Sakuraba, le « Gracie Hunter »

Le 21 novembre 1999, dans l’enceinte du Ariake Coliseum de Tokyo, Kazushi Sakuraba soumet Royler Gracie par Kimura. Tout un symbole. Il vient d’accrocher à son tableau de chasse son premier Gracie. Ce ne sera pas le dernier. Royce, Renzo et Ryan suivront. Depuis ces victoires, le combattant japonais est surnommé le « Gracie Hunter« .

Enfant, Kazushi Sakuraba est passionné, comme beaucoup de ses camarades, par les mangas. Mais il y en a un qu’il apprécie par dessus tout : Tiger Mask. Ce manga raconte les aventures de Naoto Date, alias Tiger Mask, un excellent lutteur japonais qui rentre au pays après avoir passé plusieurs années aux Etats-Unis où il a terrassé tous ses adversaires. Le rêve du jeune Kazushi Sakuraba est de ressembler à son héros.

Il rejoindra ainsi au lycée un club de shootfighting, une discipline peu connu en occident. Pour faire court : c’est du catch « pour de vrai ». Contrairement au catch américain, les techniques sont placées de façon réelle et il n’y a presqu’aucune mise en scène. Ce sport s’inspire de la lutte greco-romaine, du judo, du sambo et même de la boxe thaïlandaise. La formation de Sakuraba est donc très complète. Lorsqu’il se lance dans les arts martiaux mixtes, après que l’organisation de catch à laquelle il appartenait ait mis la clé sous la porte, Sakuraba est armé pour faire face aux meilleurs combattants.

Le premier Gracie qui se trouve sur son chemin est Royler Gracie qu’il soumet avec une Kimura. Sakuraba le domine de la tête et des épaules, que ce soit au sol ou debout. Les Gracie n’avaient plus perdu depuis des décennies. Le mythe était en marche et Sakuraba venait de tout gâcher. De plus, par une Kimura. Clin d’œil de l’histoire, la dernière défaite des Gracie face à un japonais était celle d’Hélio Gracie face à … Masahiko Kimura. Les Gracie sont en rage. Ils décident d’envoyer Royce laver l’affront.

Lorsque le 1er mai 2000 Royce Gracie se présente au Tokyo Dôme, le vainqueur de l’UFC compte bien terrasser Sakuraba . Le jiujiteiro brésilien est alors invaincu et fait office de véritable épouvantail dans le monde du MMA. Il est à l’apogée de sa carrière. Mais les Gracie veulent mettre toutes les chances de leur côté.

Ils exigent et obtiennent des règles spéciales pour le match : un nombre illimité de tours de 15 minutes, pas de juges, pas d’arrêts de l’arbitre, et seulement des KO, des soumissions ou des jets de l’éponge pour remporter la victoire. Kazushi Sakuraba comprend ce qui se trame et critique ces conditions qui favorisent son adversaire. Royce Gracie n’en démord pas. C’est ça ou il ne participe pas. Il argumente en affirmant que sa famille a beaucoup apporté au MMA et que cet état de fait justifie amplement que le Pride cède à ses requêtes. « Business is business« , les Gracie ont gagné les négociations. Show must go on

Ce soir là, les 38 429 spectateurs présents assistent peut-être au plus grand combat de MMA de l’histoire. Après 90 minutes de combat, le clan Gracie jette l’éponge. C’est un véritable tremblement de terre. Kazushi Sakuraba entre dans l’histoire des sports de combat par la grande porte.

Trois mois plus tard, seulement, le Pride lui propose un autre Gracie en la personne de Renzo Gracie. Victoire par soumission au second round. Encore par Kimura. Ce japonais est un phénomène. Quatre mois plus tard, il bat, sur décision unanime, Ryan Gracie, son troisième Gracie pour l’année 2000 et le quatrième de sa carrière. Kazushi Sakuraba restera ainsi, sans conteste, le « Gracie Hunter« .

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