Le prince, le jiu-jitsu et l’ADCC

« Il était une fois un prince arabe… » Cela commencerait presque comme un comte des 1001 nuits. Mais pas de princesse, aucun mauvais génie et encore moins de tapis volant. Seulement des tatamis, de la sueur et la plus prestigieuse compétition de grappling au monde : l’ADCC.

Notre histoire commence le 12 novembre 1993. Sur un campus américain, un étudiant regarde sur un écran de télévision le premier UFC. L’UFC 1 est un tournoi sans catégorie de poids ni limite de temps. Seul un K.O ou une soumission accordent aux combattants la victoire et leurs permettent d’accéder au tour suivant. Comme beaucoup de jeunes hommes de l’époque, notre étudiant devient fan de MMA. Et comme beaucoup d’autres, il découvre cet art-martial brésilien qui a permit à Royce Gracie de venir à bout de tous ses adversaires : le jiu-jitsu brésilien.

Notre histoire aurait pu s’arrêter là. Mais cet étudiant n’est pas un garçon comme les autres. Il se nomme Sheik Tahnoon Bin Zayed Al Nahyan, sixième fils du fondateur des Emirats Arabes Unis, Sheik Zayed.

Deux ans après avoir visionné l’UFC 1, le jeune prince pousse enfin les portes d’un dojo de jiu-jitsu. C’est sur le club de la Gracie Barra de San Diego (Californie) qu’il posera son dévolu. Pendant des mois et des mois, Sheik Tahnoon se montrera être un élève discipliné, toujours curieux d’apprendre et surtout témoignant un grand respect à ses partenaires d’entrainement et à son professeur : Nelson Monteiro. Il était toujours le premier à arriver à l’entrainement et le dernier à quitter le dojo après avoir pris soin de nettoyer le tatami. Ses camarades de l’époque le décrivent tous comme un garçon très poli et faisant preuve d’une grande humilité. Sheik Tahnoon ne dévoilera sa véritable identité que plusieurs mois plus tard à son professeur.

1998 marque son retour aux Emirats Arabes Unis avec une idée fixe en tête : faire d’Abu Dhabi la Mecque des art-martiaux.

Pour ce faire, Sheik Tahnoon ne lésine pas sur les moyens. Des instructeurs renommés de jiu-jitsu brésilien, de judo, de lutte, de sambo et de muay Thai sont embauchés. Pour travailler, ces enseignants disposent d’une infrastructure hors norme qui devient le principal lieu de formation de MMA dans le monde arabe : L’ADCC (Abu Dhabi Combat Club)

Mais le prince n’oubli pas son premier amour : le jiu-jitsu brésilien. Il invite Nelson Monteiro, son ancien professeur à San Diego, à réfléchir à un événement pouvant faire la promotion du JJB à l’international et qui ferait, bien entendu, d’Abu Dhabi la capitale du jiu-jitsu. Cet événement qui permet aux pratiquants de divers arts de grappling de se mesurer les uns aux autres est l’ADCC que nous connaissons aujourd’hui.

L’ADCC a gagné en popularité et est maintenant considéré comme le championnat du monde de grappling No Gi. Le prince, devenu ceinture noire des mains de Renzo Gracie au début des années 2000, a gagné son pari.

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